Nouvelle année, nouvel élan… et si on entreprenait avec plus de justesse ?

Nouvelle année, nouvel élan…
et si on entreprenait avec plus de justesse ?

Chaque nouvelle année arrive avec son lot d’élans, d’envies, parfois de doutes aussi. Pour les entrepreneures, elle est souvent synonyme de projections ambitieuses… mais aussi de fatigue accumulée, de charge mentale et de cette petite pression diffuse à « bien faire dès janvier ». Et si, plutôt que de repartir sur des résolutions toutes faites, on choisissait une approche plus juste, plus ancrée, plus durable ?

Emilie Aïchoun -  Publié le 30 janvier

Entrepreneures, il est temps de parler d'argent !

Avec le temps, et au fil de mes échanges avec de nombreuses entrepreneures, mais aussi à travers mon propre parcours, j’ai constaté une chose : ce n’est pas le manque d’idées ou d’envie qui freine le démarrage d’une année… c’est souvent l’excès de pression que l’on se met dès les premières semaines. 

Voici quelques pistes pour poser des bases solides et réalistes afin de bien démarrer l’année, sans s’épuiser avant le printemps.

Commencer par faire le point (vraiment)

Avant de se projeter, il est essentiel de regarder dans le rétroviseur. Pas pour se juger, mais pour comprendre.

Qu’est-ce qui a réellement fonctionné l’an dernier ?
Qu’est-ce qui vous a donné de l’énergie… et au contraire, qu’est-ce qui vous en a pris ?
Quels projets ont avancé, lesquels sont restés en suspens, et pourquoi ?

Ce temps de bilan est souvent négligé, alors qu’il conditionne tout le reste. Il permet de repartir avec plus de lucidité, d’éviter de reproduire les mêmes schémas et d’assumer aussi ce que l’on ne veut plus.

Personnellement, j’ai longtemps sauté cette étape, pressée d’avancer. Jusqu’à réaliser que sans ce temps de recul, je reproduisais année après année les mêmes choix, parfois les mêmes fatigues. Aujourd’hui, ce bilan est devenu un passage obligé avant toute projection.

Clarifier sa direction avant de fixer des objectifs

On parle beaucoup d’objectifs chiffrés, de to-do lists, de plans d’action. Ces éléments sont en effet essentiels, mais pourtant, sans direction claire, ils deviennent vite pesants.

Se poser les bonnes questions en amont, et avoir une vision « macro » change tout :
Qu’est-ce que je veux vraiment cette année ?
À quoi doit ressembler mon quotidien professionnel idéal ?
Qu’est-ce que la réussite signifie pour moi, aujourd’hui, et pas il y a trois ou cinq ans lors de la création de mon entreprise ?

Ce que je constate souvent, c’est que beaucoup d’objectifs sont fixés “par habitude” ou par comparaison, sans être réellement alignés avec la phase de développement de l’entreprise. Revenir à une vision macro permet justement de faire des choix plus stratégiques… et souvent plus rentables.

Et à partir de là, les objectifs prennent un autre sens. Ils ne sont plus une injonction extérieure, mais une traduction concrète d’une intention plus profonde.

Repenser son organisation avec bienveillance

Bien démarrer l’année, ce n’est pas remplir son agenda jusqu’à saturation dès janvier. C’est au contraire accepter que tout ne peut pas être prioritaire en même temps.

Identifier 2 ou 3 axes majeurs pour l’année permet de faire des choix plus sereins. Le reste n’est pas abandonné, simplement différé. Il s’agit là de ne pas s’épuiser dans un souci de vouloir incarner cet élan de la nouvelle année.

Dans la pratique, j’ai appris qu’essayer d’incarner tous les rôles en même temps est l’un des chemins les plus rapides vers l’épuisement. Choisir ses priorités, ce n’est pas renoncer à sa croissance, c’est la rendre possible dans la durée.

Une organisation efficace n’est pas celle qui en fait le plus, mais celle qui laisse de la place à l’essentiel.

S'entourer et ne pas rester seule

Le début d’année peut être enthousiasmant… mais aussi déstabilisant. Les décisions à prendre sont nombreuses, et la solitude entrepreneuriale peut se faire sentir plus fortement à ce moment-là.

S’appuyer sur un réseau, échanger avec d’autres femmes entrepreneures, partager ses questionnements permet de prendre du recul et de se sentir moins seule face aux enjeux.
C’est souvent dans ces échanges que naissent les déclics les plus précieux. C’est d’ailleurs ce que j’observe à chaque rencontre Action’elles : quand les entrepreneures prennent le temps de partager leurs enjeux, leurs doutes comme leurs réussites, les décisions deviennent plus claires et les projets avancent plus vite.

C’est aussi ça l’ADN d’Action’elles : créer des espaces où l’on peut réfléchir, avancer et grandir ensemble, mais à son rythme.

Intégrer l'équilibre dès le départ

On se promet souvent de “penser à soi plus tard”. Mais plus tard arrive rarement tout seul et finit parfois par ne pas arriver du tout...

Bien démarrer l’année, c’est intégrer dès maintenant des règles simples mais non négociables :
- prendre soin de son énergie,
- poser des limites claires,
- préserver des temps de respiration.

Ce sont des règles que je me fixe aussi, non par confort, mais parce que j’ai compris qu’une dirigeante fatiguée finit toujours par freiner, malgré elle, le développement de son entreprise.

Ce n’est ni un luxe, ni un bonus. C’est une condition essentielle pour tenir dans la durée et continuer à entreprendre avec envie.

Accepter que tout ne soit pas parfait

Enfin, peut-être le point le plus important : accepter que le démarrage de l’année ne soit pas parfait. Il y aura des ajustements, des changements de cap, des imprévus. Et c’est normal. L’année ne se joue pas en janvier. Elle se construit pas à pas, avec ce que l’on est aujourd’hui et pas avec une version idéalisée de soi-même ou de son projet. 

Ces constats ne sont ni théoriques ni idéalisés. Ils sont issus du terrain, de l’expérience, et de ce que j’observe chaque jour chez les entrepreneures qui m’entourent ou que j’accompagne.

Chez Action’elles, nous sommes convaincues d’une chose : le plus grand changement à opérer en début d’année ne se situe pas seulement dans ce que l’on fait… mais dans la manière dont on avance.
Bien démarrer une nouvelle année, ce n’est pas aller plus vite, ni faire plus. C’est partir plus juste. Plus alignée. Plus consciente de ses forces, de ses limites et de ses envies profondes, pour poser des choix plus clairs et plus stratégiques. Car une entreprise ne se développe pas durablement dans la précipitation, mais dans la clarté.

Et si, cette année, la vraie réussite consistait à faire grandir son entreprise avec cohérence, ambition… et un peu plus de douceur envers soi-même ?