femme multi-casquettes : arrêter de s’excuser et aligner ses objectifs business

Femme multi-casquettes : et si on arrêtait de s'excuser ?

Quand on est entrepreneure, il y a une réalité dont on ne parle pas très souvent : celle des femmes multi-casquettes 🧢. Ce sont toutes celles qui, en plus de leur activité professionnelle, sont aussi maman de famille nombreuse. Ou aidantes de parents âgés. Ou engagées dans des situations familiales, personnelles ou financières complexes. Et souvent… tout cela à la fois. 

Depuis longtemps, j’entends parler de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle. Comme s'il suffisait de mieux organiser son agenda, de trouver le bon outil ou la bonne méthode pour que tout s'aligne. Mais plus j'observe, et plus je vis les choses, plus je me dis que le sujet est ailleurs. 

Elise Vaidis - Publié le 24 octobre 2022 à 11h

Entrepreneures, il est temps de parler d'argent !

Porter plusieurs casquettes, ce n'est pas un problème à résoudre

Le sujet n'est peut-être pas de faire rentrer la vie familiale dans les interstices de la vie professionnelle. Ou l'inverse. Le sujet, c'est d'accepter profondément que nous portons – que je porte - plusieurs casquettes, et que certaines de ces casquettes auront toujours une priorité absolue. 

Illustrons un peu : le jour où ma maman de 73 ans a une inondation chez elle, je réorganise mon agenda professionnel. Et le jour où vous passez la journée à l'hôpital avec un enfant, toute la semaine qui suit est forcément bousculée. Ce n'est ni un manque d'organisation, ni un manque d'engagement professionnel, n’est-ce pas ? C'est la vie. Et chez moi comme chez vous, j’en suis sûre, ça se passe vraiment comme ça. 

Alors, de quoi s'agit-il vraiment ?

Est-ce uniquement une question de gestion du temps ? Pas sûr. Est-ce seulement une question de charge mentale à mieux partager ? Je ne crois pas non plus. Est-ce une question d'outils, de solutions de garde ou de productivité ? Pas uniquement.

Il y a sans doute à travailler plusieurs dimensions en même temps :

  • la gestion de notre agenda
  • la clarté de nos priorités
  • le temps accordé à notre santé physique et mentale
  • l'intentionnalité de notre démarche commerciale (pas facile, celle-là 😅)
  • et la justesse de nos indicateurs de performance

Parce que des objectifs trop ambitieux, déconnectés de notre réalité, finissent par épuiser toute notre énergie positive, non ?

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Je n'ai pas de solution miracle à proposer. Mais j'écoute beaucoup ce que m'enseignent les autres femmes autour de moi (#superheroines). Certaines parlent avec justesse de l'attitude intérieure à cultiver avant même de penser outils (Merci Céline). D'autres rappellent combien le pilotage financier est essentiel pour ne pas construire une activité bancale, qui ne rapporte rien malgré l'énergie investie (Merci Bertha).

Ce que j'observe surtout, c'est que celles qui portent beaucoup de casquettes font toutes... différemment, au mieux, et avec un mode opératoire magnifiquement humain, imparfait et créatif. En tout cas, certainement pas en « forçant un peu plus ».

Ajuster ses objectifs à sa réalité — et pas l'inverse

Au bout de 18 mois d’activité à la tête de mon agence de communication, je me suis rendue à l’évidence : si je dispose de 20 heures par semaine pour mon activité (j’ai 5 enfants, ma maman habite avec nous, je vous assure que ces 20 heures en pèsent 70), alors mes objectifs commerciaux doivent être alignés avec mes 20 heures. Pas avec un idéal. Pas avec ce que je devrais faire. Pas avec ce que font des hommes ou des femmes qui vivent des réalités complètement différentes de la mienne.

Et curieusement, la clé d'un semblant d'équilibre a commencé à se profiler : je me suis demandée si la clé ne serait pas… dans ma capacité à protéger ma santé mentale, et à préserver ce qui me ressource profondément. Alors, j’ai repensé à d’autres femmes multi-casquettes, et leurs choix inspirants.

Des exemples très concrets, très imparfaits…

Je pense à cette amie en reconversion professionnelle, avec un conjoint si malade. Son non-négociable, ce sont ses 10 000 pas par jour. Tous les jours. Depuis des années.

Je pense aussi à cette autre femme, maman de cinq enfants de moins de huit ans, qui souriait au milieu du chaos en disant simplement : Chaque chose sera faite en son temps.

Je pense à la maman solo qui force mon admiration. Je pense à mon amie qui s'occupe seule de ses deux parents âgés très dépendants. Toutes, elles m'enseignent que c’est possible.

Pour ma part, le plus grand changement depuis le début de mon activité n'a pas été extérieur. Il a été intérieur : renoncer à m'engager au-delà de mes limites ; renoncer à avoir plus de 3 clients ce mois-ci, renoncer à mes objectifs trop ambitieux, renoncer à m'investir partout où mes tripes me disent d'aller, renoncer à cette opportunité si belle, si belle... qui va dévorer tout mon temps libre et mon énergie. Et si, finalement, la clé était là ?

Le courage de la patience

Construire un business avec une charge familiale élevée ou toute autre situation multi-casquettes, c'est cumuler plusieurs emplois. Depuis quelques mois, quand je me présente, je dis simplement : 

« Je travaille à temps partiel. » 

Peut-être que c'est dans ce petit renoncement-là que réside le changement le plus fécond. Mon énergie, elle est à 100 %. Mes résultats ? Ils vont probablement prendre un peu plus de temps que ceux d'une autre femme. C'est ok.

Peut-être que la patience est une compétence entrepreneuriale sous-estimée. 💛 

Et vous, est-ce que vous aussi, vous êtes une femme multi-casquettes ? Partagez votre expérience en commentaire — chez Action'elles, on croit fort à la puissance des récits qui se rejoignent !